BUHL, AU CŒUR DU FLORIVAL

SON RETABLE

UNE MAGNIFIQUE ŒUVRE DU XVe SIECLE

 

Les nombreux touristes, après avoir visité l'Abbaye de MURBACH, l'Eglise Saint Léger de GUEBWILLER, et la Collégiale de LAUTENBACH, hauts lieux de l'art roman, quittent souvent le Florival sans avoir fait halte à l'église Saint Jean Baptiste de BUHL.
Et pourtant, en allant vers Murbach, les visiteurs passent à quelques centaines de mètres de l'édifice buhlois, qui, d'après la légende, faillit être détruit par le diable.

En s'enfonçant dans ce magnifique vallon, la route longe les " WEIHERMATTEN ", l'ancien lac des pèlerins, le " Vivarius Pérégrinorum ", aujourd'hui asséché. C'est près de cet endroit que durant la période de 623 à 639 les premiers moines s'établirent et construisirent une chapelle dédiée à Sainte CATHERINE, avant de s'exiler au fond du vallon, à MURBACH.
D'ailleurs, le lieu sur lequel avait été bâtie la chapelle jusqu'à sa destruction en 1758, s'appelle toujours le " Sankt KATHARINABUCKEL " .

 

Pourquoi visiter l'église de BUHL ?

Située sur une colline (d'où le nom de BUHL, BUHELE en 1131, dénomination du nom alémanique de BUCKEL, en français " l'église sur le mont ") elle domine l'entrée du vallon de MURBACH. Depuis le parvis de l'église vous avez une magnifique vue sur le village, sur l'entrée du FLORIVAL, et sur le HUGSTEIN, château fort en ruine, construit en 1216 à 1236.. par Hugo de Rothenburg et sur le massif du Grand Ballon, point culminant des Vosges.

A l'ombre du Demberg, lieu de légendes avec ses rochers mégalithique, et à l'est, le Schimberg avec l'ancien vignoble (les premières vignes avaient été implantées dès le 8e siècle par les moines). Au flan de ce chaînon de montagne se trouvent des carrières de grès rose qui avaient servi à la construction des édifices religieux et autres bâtiments historiques ainsi que des anciennes maisons d'habitation.

De BUHL part aussi le chemin allant vers la chapelle de Saint GANGOLF, autre lieu de légende BUHL est donc bien situé AU CŒUR DU FLORIVAL.

Rien que pour les raisons citées ci-dessus, une visite s'impose. Mais à l'intérieur de l'église, construite entre 1868 et 1900, seule subsiste la vieille tour de la première église dont l'origine semble être du 10e siècle. Cependant les touristes découvriront.

 

UNE MAGNIFIQUE ŒUVRE D'ART PICTURALE

DU DEBUT DE LA RENAISSANCE

déjà classée monument historique en 1841.

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Composition de l'œuvre d'art

Le retable est composé d'un panneau central et de deux ailes comportant dix sujets. Fermé, il présente un cycle marial avec des images d'une chasse mystique, de la nativité, de l'adoration et de l'Assomption. Ouvert, le retable présente au recto, une crucifixion sur le panneau central, et sur les volets, des scènes au Mont des Oliviers, de la flagellation, du couronnement d'épines et du portement de la croix. Le verso du panneau est illustré d'une scène du jugement dernier.
Les dimensions du panneau central sont impressionnantes : 1,95 mètre de haut sur 3,50 mètres de large.


Comment le retable est arrivé à BUHL

A l'origine le retable se trouvait dans le couvent colmarien des Dominicaines. Lors des émeutes révolutionnaires de 1789, cette œuvre d'art avait été sortie du lieu de prière pour être brûlée sur une place publique. Par un hasard divin, deux Buhlois, Joseph CLAD et son beau-frère, de retour d'un transport de matériel à LANDAU, aperçurent les panneaux et les acquirent aux gardiens pour un tonneau de vin. Durant la nuit ils les amenèrent à BUHL cachés dans leurs voitures et les mirent à l'abri dans une grange de paysan. Lorsque les délires révolutionnaires furent apaisés, monsieur Joseph CLAD et son beau-frère en firent don à la paroisse Saint Jean-Baptiste.

D'abord placés en face de la chaire dans l'ancienne église, les tableaux furent par la suite accrochés aux murs du chœur après 1900 et jusqu'en 1961. Après 1961, le curé BOSSHART les fit descendre et placer sur l'autel, où, déjà, on pouvait mieux les admirer.

Par la suite le retable fut restauré à PARIS avec le soutien de la Société SCHONGAUER de Colmar. Cette œuvre majeure du début de la Renaissance fut alors exposée au Musée des UNTERLINDEN, avant de revenir à BUHL, prendre sa place dans un chœur rénové. A tort ou à raison, selon des directives, de magnifiques boiseries avaient été enlevées afin de permettre de replacer le retable dans un contexte plus sobre, aux murs dénudés de tout ornement. Pendant toute cette période, le curé Paul EICHMANN avait été le principal artisan de nombreuses tractations et c'est grâce à lui que cette magnifique œuvre d'art a retrouvé une place digne dans l'église paroissiale.

A qui attribuer cette œuvre ?

Plusieurs versions se confrontent.
D'abord le réalisateur serait Martin SCHOENGAUER, le beau Martin, mais d'après une autre version les tableaux auraient été peints par des élèves de l'école SCHOENGAUER. Enfin, L. KUBLER l'attribue à un autre artiste colmarien Urban HUTTER (1450-1501).
Mais une chose est sûre : le retable a été exécuté sous l'influence de l'œuvre SCHOENGAUER.
Le retable de Buhl est ainsi un grand ensemble peint d'importance, à admirer hors musées.

Heures de visite :

- tous les jours (Eté : 8h à 19h, Hiver : 8h à 18h - Fermé entre 12 et 14h)
- pour des visites guidées gratuites par groupe, veuillez prendre contact avec l'association des AMIS DU RETABLE au 03.89.74.62.38 ou à la Mairie de BUHL au 03.89.62.15.95, qui transmettra.

 

N.B. M. Jean Bader, le réalisateur de cette monographie recherche tous documents (écrits, photos, cartes) concernant l'histoire de Buhl et du Florival.

Pour tout contact : M. Jean Bader 30, rue du Colonel Bouvet 68530 Buhl Tél. : 03.89.74.62.38


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